
Quand mes parents m’annonçaient que nous allions chez
ma grand-mère, l’image de celle qui m’avait élevé s’imposait
à mon esprit.
Sa douceur, particulièrement, qui prolongeait mes délices amniotiques.
Mais nous rendions visite à l’autre mamy.
Péjorative, si l’en est, l’appellation ne l’était pour personne, cependant.
Du reste, par la magie contractive de notre patois chti mi,
la mère de mon père fut rebaptisé « mamy l’aut’ »
Un son phonétique sans aucun sens précis pour moi.
Dix kilomètres séparaient sa maison de la nôtre.
L’équivalent, pour l’enfant que j’étais alors, d’un voyage terre lune.
A l’opposé, il me suffisait de courir dix pas derrière un papillon
pour rejoindre le bout de mon jardin et l’habitation voisine de
ma grand-mère maternelle.
De plus, mamy l’aut’ criait un peu trop fort.
Neuf enfants, à élever seule, vous aguerrissent à cette pratique que la marmaille reproduit pour demander le sel à table avant que l’assiette ne refroidisse.
Entre autre.
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